1. Le constat de départ
- Site 100% français, sans aucune alternative de langue.
- Aucun moyen d'écouter le contenu : une barrière pour les personnes malvoyantes, dyslexiques, ou simplement en situation de fatigue visuelle ou cognitive.
- Un mémoire et une thèse rédigés pour un public francophone, alors que le sujet — IA adaptative, Zero Trust, accessibilité — intéresse un lectorat international.
De ce constat sont nés deux besoins distincts mais complémentaires : comprendre (la langue) et percevoir (la modalité — lire ou écouter).
Un premier pas avait déjà été fait côté documents : les PDF du mémoire et de la thèse sont passés d'une police classique (Calibri) à OpenDyslexic, avec une argumentation de ce choix ajoutée en préface de chaque document. Le site web devait suivre la même logique.
Côté contenu, la thèse sera prochainement traduite et accompagnée d'un résumé en anglais — cela fait partie des livrables à préparer pour l'épreuve B5 (rendu et soutenance). Le mémoire suivra le même chemin par la suite.
2. Le choix du bilinguisme FR/EN
L'anglais s'est imposé comme premier choix de seconde langue : portée internationale, littérature technique sur l'IA très majoritairement anglophone, et un lectorat potentiel — jurys, recruteurs, pairs — pas toujours francophone.
Côté implémentation, le site repose désormais sur Flask-Babel : un sélecteur de langue persistant en session, et une infrastructure _() / _l() qui encapsule près de 2000 chaînes de texte — aussi bien dans les pages (templates) que dans les données dynamiques (roadmap, articles, alertes météo, etc.).
Wrapper proprement les chaînes a forcé à traiter des cas limites — par exemple les caractères "%" littéraux dans certains textes, qui doivent être doublés pour ne pas être interprétés comme des marqueurs de formatage. Un petit détail, mais qui montre que l'accessibilité "propre" demande de la rigueur jusque dans l'infrastructure.
Pas de traduction automatique à la volée : chaque chaîne est traduite et relue, pour garantir la qualité. Un anglais correct vaut mieux qu'un anglais "traduction automatique" sur un site qui parle d'intelligence artificielle.
3. La lecture vocale — pourquoi c'est de l'accessibilité, pas un gadget
Les recommandations WCAG (accessibilité web) rappellent que le contenu textuel doit pouvoir être restitué sous une autre forme sensorielle. La lecture vocale répond directement à ce principe.
Le public concerné est large :
- déficience visuelle ou malvoyance
- dyslexie ou troubles de l'attention
- simple confort — écouter un article en faisant autre chose
Le choix retenu : une lecture côté serveur via Piper TTS, plutôt qu'une API cloud. Ce choix est cohérent avec la philosophie local-first et Zero Trust du projet : le texte des articles n'est envoyé à aucun service tiers.
4. La voix d'ALFRED, réutilisée pour le site
ALFRED utilise déjà Piper avec la voix fr_FR-upmc-medium pour sa synthèse vocale — un choix déjà validé pour sa clarté et son débit.
Plutôt que de choisir une voix web différente "pour faire joli", le site réutilise la même voix : cohérence de l'identité sonore du produit, et économie d'une voix supplémentaire à entraîner ou héberger.
Pour l'anglais, une voix Piper équivalente (en_US-amy-low) a été ajoutée, en gardant la même approche locale et hors-ligne.
Présent dans la barre de navigation, il lit le contenu de la page active dans la langue active — la voix change donc automatiquement avec la langue choisie. Concrètement, sur la version anglaise du site, la lecture se fait bien en anglais (voix en_US-amy-low), et en français sur la version française.
5. Implémentation technique
En résumé, l'implémentation s'appuie sur :
- tts_engine.py — génération audio à la demande, avec mise en cache disque pour éviter de régénérer le même fichier deux fois.
- Endpoint /api/tts — reçoit le texte et la langue, renvoie un fichier audio, avec une troncature de sécurité sur la longueur du texte.
- Aucune dépendance cloud — aucune donnée n'est envoyée à l'extérieur, conformément à la philosophie Zero Trust du projet.
6. Ce que ça change concrètement
Un visiteur anglophone peut désormais lire l'intégralité du site et des articles techniques.
Une personne en situation de handicap visuel ou de fatigue cognitive peut écouter plutôt que lire.
Le site applique à lui-même les principes qu'il documente sur ALFRED — accessibilité, Zero Trust, local-first.
En résumé
L'accessibilité n'est pas une fonctionnalité qu'on ajoute à la fin : c'est une question de qui peut, et comment, accéder à l'information. Le bilinguisme et la lecture vocale sont deux réponses concrètes à cette question.
Et le plus satisfaisant : ces deux fonctionnalités réutilisent des briques déjà construites pour ALFRED — la preuve que les choix d'architecture faits pour le produit profitent aussi à sa vitrine.
Évolutions à prévoir
Deux pistes sont déjà identifiées pour la suite. D'abord, le téléchargement et le partage des articles en un clic vers les réseaux sociaux, pour faciliter la diffusion du contenu. Ensuite, l'ouverture progressive à d'autres langues — allemand, espagnol, chinois, coréen, japonais, portugais, etc. — ajoutées petit à petit, langue par langue, en suivant la même méthode de traduction soignée que pour l'anglais.
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